L’accompagnement périnatal non médicalisé

l'accompagnement non médicalisé de la périnatalité

L’ACCOMPAGNEMENT PÉRINATAL NON MÉDICALISÉ

Une énorme valeur ajoutée trop peu connue des futurs et jeunes parents !

Nous avons eu la chance de rencontrer Marie Loevenbruck, jeune maman de deux petites filles de 4 et 2 ans, spécialiste en périnatalité en voie d’exercer le beau métier méconnu d’Accompagnante Périnatale.

Nous sommes heureux de vous partager ses réponses à nos nombreuses questions : certaines ont été pour nous une révélation. On sait finalement souvent peu de choses sur l’accompagnement périnatal non médicalisé qui répond pourtant à beaucoup des attentes de la majorité des futurs parents.

 

En plus de sa spécialité en Périnatalité, Marie est coordinatrice à Family Durable une association qui intervient dans les entreprises, les collectivités et les établissements scolaires pour aider les parents à relever les défis de leur quotidien et valoriser leurs compétences en tant que parents dans leur travail. Elle est également maman contact de la Gironde pour l’association de bichonage de mamans : supermamans. Merci à elle pour ses éclairages sur le métier d’accompagnante périnatale qui seront certainement utiles à beaucoup de nos lecteurs et lectrices 

Babypoom :

“En quoi consiste l’accompagnement périnatal non médicalisé ? Est-ce différent de l’accompagnement proposé par les sage-femmes libérales ? ”

Marie : 

“L’accompagnement périnatal non médicalisé propose un soutien aux personnes ou aux couples concernés par un des processus liés à la naissance : désir d’enfant, adoption, grossesse, accouchement, deuil, premiers temps de vie d’un bébé etc. Le métier de sage-femme, par son ancienneté mais aussi par son approche à la fois médicale et relationnelle, est le précurseur de ce nouveau métier.

Une des spécificités de l’accompagnante périnatale est qu’elle se situe hors du champ amical, familial mais surtout médical. Elle a d’ailleurs comme règle de n’accompagner que les personnes qui ont un suivi médicalisé, afin de ne pas se substituer à cette ressource essentielle.  

L’accompagnante périnatale intervient donc en soutien complémentaire pour cheminer face aux questions que se posent les futurs parents, là où les sages-femmes n’ont parfois pas la possibilité d’accorder du temps. Il/elle propose les espaces temps, les espaces de paroles nécessaires à chaque futur parent avec comme point d’ancrage, une écoute neutre, bienveillante et de qualité. 

En fonction de la demande, ce soutien peut se traduire par un ou plusieurs temps d’échanges au domicile des parents ou au cabinet du professionnel. Il est possible d’aborder tous les sujets relatifs à la grossesse, à l’accouchement ou au post-partum : le vécu de la situation aussi bien chez l’homme que chez la femme, le projet de naissance, les questions liées à l’accouchement, aux besoins physiologiques de la femme enceinte et qui accouche, l’alimentation de la femme enceinte, de la femme allaitante et du nourrisson (jusqu’à la diversification), les besoins du nourrisson…les maux de la grossesse, les gestes qui soulagent la femme enceinte ou qui accouche, le retour à la maison etc … ”

Babypoom :

Doula ou accompagnante périnatale, est-ce le même métier ?

Marie : 

“Ah la grande question ! J’aurais envie de dire que le métier est différent, mais que la finalité est la même ! 

Il s’agit de deux formations distinctes, avec des contenus similaires, parfois pas abordés de la même façon, ni avec les mêmes professionnels. Chaque personne désirant se former est libre d’aller vers celle qui lui correspond le mieux.

Une des différences est que les Accompagnantes Périnatales ne peuvent pas exercer à domicile le jour de l’accouchement. Elles peuvent par contre être présentes dans toutes les structures médicalisées qui les y autorisent. 

 

Je me suis personnellement formée au Centre de Formation d’Accompagnement Périnatal de Bordeaux

Pour les formations de Doula comme d’Accompagnement Périnatal, la finalité reste la même :  soutenir les personnes dans l’aventure de la périnatalité, les écouter pour les aider à mieux se comprendre, à se sentir le plus possible en phase avec leurs valeurs, leurs besoins, leurs décisions et faire leurs propres choix.”

Babypoom :

Cet accompagnement est-il réservé aux « grossesses à problèmes » ?

Marie : 

“Et non ! N’importe quel parent ou couple peut être accompagné tant qu’il en ressent le besoin. Lorsqu’on dit « grossesse à problèmes » on fait écho à la dimension médicale. L’accompagnante n’agissant pas dans cette sphère, l’accompagnement se porte sur l’expression du vécu, des projections dans n’importe quelle situation, qu’elle soit classique, particulière ou difficile. Il arrive parfois que cette période concentre son lot d’inconfort voir de souffrance (séparation, deuil périnatal, dépression post-partum, difficulté maternelle … ), faire appel à une accompagnante périnatale peut être d’une aide précieuse.”

Babypoom :

L’accompagnement est-il centré sur la maman ou les deux parents ? ”

Marie : 

“Les accompagnantes périnatales sont sollicitées aussi bien par les mères que par les conjoint(e)s. Les rendez-vous peuvent être en individuel, en couple, l’un puis l’autre, c’est libre et ajustable au cours du temps. Nous considérons que les conjoint(e)s peuvent aussi bénéficier d’espace pour mettre en mots à leur façon les remaniements intérieurs qui s’opèrent pendant cette période de grande transition. Leur place n’est pas « à prendre » de mon point de vue, ils sont là tout simplement !”

Babypoom :

Arrive-t-il que l’accompagnante périnatale soit présente pour la naissance ? ”

Marie : 

“Cela peut arriver oui ! Lors des rencontres, on détermine au fur et à mesure les besoins et il en ressort parfois un désir d’accompagnement le jour de l’accouchement. Que ce soit parce que la mère est seule le jour de la naissance (séparation, profession du père l’empêchant d’être présent…) ou parce que le couple souhaite avoir une personne supplémentaire en soutien.

En revanche la présence de l’accompagnante périnatale est conditionnée par l’accord de l’équipe médicale en amont ET le jour J . Les conditions d’accouchement influent aussi, et il peut arriver que l’accompagnant(e) doive sortir de la salle d’accouchement.

Dans tous les cas, on peut aborder en amont les gestes qui soulagent la femme qui accouche avec ou sans analgésie péridurale, en complément des cours de préparation à la naissance.”

Babypoom :

Comment doit-on s’y prendre si l’on veut être accompagné ? Est-ce remboursable ? ”

Marie : 

“Si des futurs parents souhaitent se faire accompagner ou tout simplement demander une information, ils peuvent écrire à l’adresse suivante : afap@gmx.fr, en précisant leur département.

À partir de là, une liste d’accompagnantes leur sera proposée. Un premier contact pourra se faire pour se rencontrer, et s’il s’avère que la professionnelle correspond aux attentes et aux sensibilités du couple, l’accompagnement pourra démarrer.

Les rendez-vous ne sont pas remboursés. Beaucoup de parents se font aider par leurs proches en considérant par exemple qu’au lieu de faire une liste de naissance, une cagnotte est faite pour leur permettre cet accompagnement.”

Babypoom :

Les bénéfices de l’accompagnement périnatal peuvent-ils se faire sentir au-delà de la période de la grossesse et des premiers moments avec bébé ? ”

Marie : 

“Je crois que se faire accompagner pendant cette période peut, dans la mesure où un lien de confiance et de sécurité se crée avec la professionnelle, être source de nombreux bénéfices pendant et même après. 

Cela permet non seulement d’ouvrir le champ des possibles, de mieux comprendre voir accepter l’aspect imprévisible de la naissance, de s’informer, de réfléchir, de partager ses joies, ses peines, de faire confiance à ses propres ressources mais aussi à celles du bébé, de faire éclore le “devenir parent” en douceur, de détricoter ce qui peut être source d’inquiétude ou d’incompréhension.

C’est aussi sur le long terme un cadeau qu’on se fait à soi, à son couple, à son bébé car cela participe au lien d’attachement, à l’équilibre familial, à la prévention de l’isolement, de l’épuisement et de la maltraitance…”

Babypoom :

Y-a-t-il un conseil clé que vous êtes souvent amenée à donner aux futures mamans ?

Marie : 

“Il me paraît important de partir du principe que la future maman est la seule à savoir ce qui est foncièrement bon pour elle et pour son bébé. Alors être « à l’écoute de soi » est un conseil que je pourrais donner. Mais s’écouter est parfois difficile à mettre en œuvre : on ne sait pas toujours comment faire, comment décoder nos réactions mentales, émotionnelles ou physiques. On peut aussi avoir des difficultés du fait de devoir jongler entre ses propres besoins, ceux de sa famille, les conseils du corps médical qui doivent être pris en compte dans leur juste mesure, les conseils des uns et des autres qui jaillissent souvent…

Dans cette période où beaucoup d’éléments peuvent chambouler les repères, il est essentiel de se créer un petit nid pour se sentir en sécurité, dialoguer et s’exprimer afin de s’accorder à soi, à l’autre parent et au bébé à venir, avec comme petite musique intérieure “ je fais au mieux, avec ce que je suis !”.”

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